Mon petit coeur à moi, celui peint en arc-en-ciel qui bat en notes de musiques et en symphonie, celui qui brille dans la tempête, celui qui sait se déguiser, ce petit coeur là, il ne fonctionne pas comme celui de tout le monde et souvent, il ne comprend pas lui même.
Mon petit coeur atypique, il aime fort, vite, longtemps, intensément, avec toute la puissance dont il capable, même s’il sait que ça va faire mal, même s’il sait que la douleur sera sourde et insoutenable, même s’il sait que tout finit par finir. Il n’utilise pas le mot apprécié, parce que c’est trop faible pour ce qui se trame en lui, même après quelques minutes parfois, même si ça fait peur et que personne ne comprend pourquoi.
Mon petit coeur anormal, il voit le beau et le bon dans les gens, même chez ceux qui prennent de mauvaises décisions. Ce sont ses humains préférés en fait, les bons qui jouent à être moyens. Parce qu’ils sont brisés en dedans, en dessous de la carapace de poudre aux yeux. Parce que leur fêlures font écho aux siennes et qu’il se reconnaît un peu dans les silences qu’il remplit à grands coup de mots trop banals pour ne pas être importants.
Mon petit coeur pas comme les autres, il entend les cris étouffés par les sourires, il les voit les failles et les histoires tragiques, même celles camouflées par des tonnes d’apparence de bonheur créée par pas grand chose. Il entre sans bruit par les portes de derrière, pour plonger directement dans les coffres de secrets et de déni, bien enfouies dans les greniers poussiéreux. C’est ça qui l’intéresse de toute façon, le vrai des gens, le moins beau, le profond, le gris, le douloureux… le vrai. Il ne sait pas quoi faire avec ça les masques, c’est vide et ça manque de mouvement.
Pis parfois, mon petit coeur, il est un peu essoufflé. D’avoir eu à comprendre et à pallier, malgré le pas de sens de bien de mots et le travers de beaucoup de maux. D’avoir eu à ralentir et à retenir, alors que tout lui hurlait de sauter dans le vide pendant qu’il n’était pas trop plein. D’avoir eu à attendre et à espérer, même parmi les fantômes et les ombres du quotidien. Mon petit coeur de licorne, parfois, l’espace d’un bref instant, un brin trop long à certains moments, il est fatigué, d’avoir aimé autant.
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