mercredi 15 septembre 2021

Si je pouvais tout te dire

 Si je pouvais tout te dire…

 

Je te dirais que je t’aime.

Je t’aime quand tu ris avec moi de choses que nous seuls comprenons.

Je t’aime quand tu me dis que je suis belle dans tes mots, sans jamais le dire vraiment.

Je t’aime quand tu me dis que tu m’aimes, même si je sais trop que ça ne veut pas dire ce que je voudrais.

 

Je te dirais que tu m’énerves.

Tu m’énerves quand tu te convaincs que notre relation est mieux comme elle est là.

Tu m’énerves quand tu réussis à me faire dire des choses que je voudrais garder pour moi.

Tu m’énerves quand tu as raison.

 

Je te dirais que je te veux.

Je te veux à mes côtés quand j’ai le cœur gonflé de joie pour te transmettre un peu de ma folie.

Je te veux dans mon lit pour te montrer à quel point je peux t’aimer sans parler.

Je te veux souvent, beaucoup, tout le temps et partout.

 

Je te dirais que j’ai mal.

J’ai mal de savoir que je ne suis pas la tienne.

J’ai mal de jamais avoir mérité une chance.

J’ai mal de savoir qu’un jour tu n'existeras plus que dans mes souvenirs.


Je te dirais que je guérirai.

Je guérirai de nos blessures.

Je guérirai d'une relation pas parfaite, mais belle quand même.

Je guérirai de mon amour.


lundi 6 septembre 2021

Coeur de licorne

 

Mon petit coeur à moi, celui peint en arc-en-ciel qui bat en notes de musiques et en symphonie, celui qui brille dans la tempête, celui qui sait se déguiser, ce petit coeur là, il ne fonctionne pas comme celui de tout le monde et souvent, il ne comprend pas lui même.


Mon petit coeur atypique, il aime fort, vite, longtemps, intensément, avec toute la puissance dont il capable, même s’il sait que ça va faire mal, même s’il sait que la douleur sera sourde et insoutenable, même s’il sait que tout finit par finir. Il n’utilise pas le mot apprécié, parce que c’est trop faible pour ce qui se trame en lui, même après quelques minutes parfois, même si ça fait peur et que personne ne comprend pourquoi.


Mon petit coeur anormal, il voit le beau et le bon dans les gens, même chez ceux qui prennent de mauvaises décisions. Ce sont ses humains préférés en fait, les bons qui jouent à être moyens. Parce qu’ils sont brisés en dedans, en dessous de la carapace de poudre aux yeux. Parce que leur fêlures font écho aux siennes et qu’il se reconnaît un peu dans les silences qu’il remplit à grands coup de mots trop banals pour ne pas être importants. 


Mon petit coeur pas comme les autres, il entend les cris étouffés par les sourires, il les voit les failles et les histoires tragiques, même celles camouflées par des tonnes d’apparence de bonheur créée par pas grand chose. Il entre sans bruit par les portes de derrière, pour plonger directement dans les coffres de secrets et de déni, bien enfouies dans les greniers poussiéreux. C’est ça qui l’intéresse de toute façon, le vrai des gens, le moins beau, le profond, le gris, le douloureux… le vrai. Il ne sait pas quoi faire avec ça les masques, c’est vide et ça manque de mouvement.


Pis parfois, mon petit coeur, il est un peu essoufflé. D’avoir eu à comprendre et à pallier, malgré le pas de sens de bien de mots et le travers de beaucoup de maux. D’avoir eu à ralentir et à retenir, alors que tout lui hurlait de sauter dans le vide pendant qu’il n’était pas trop plein. D’avoir eu à attendre et à espérer, même parmi les fantômes et les ombres du quotidien. Mon petit coeur de licorne, parfois, l’espace d’un bref instant, un brin trop long à certains moments, il est fatigué, d’avoir aimé autant. 

jeudi 2 septembre 2021

Tourbillon

 

Virer en rond et en carré
Trop de vide rempli de rien
Tourner et retournée
Trop de corps parsemé de mains

Tourbillonner et étourdie
Trop d'attention partagée
Culbuter et engourdie
Trop d'ignorance simulée

Comme dans un film accroché
Par des mers de mots frivoles
Comme dans le ciel épinglé
Par les marées qui s'envolent

Sur l'écran figé
Partout, nul part, toujours
Dans le cœur assommé
Par ta langue de velours

Et tu parles et je cris
Et personne d'autre n'écoute
Chacun empli d'une mélodie
Que personne ne goute

D'absences en attentions
De fuite en trahison
De perte en raison
Et pour finir, en abandon





mardi 17 août 2021

Avant, après

 

Ton corps trop grand pour mon lit

Mon vide trop plein de non dit

Ton ego remplissant mes poumons

Mon âme cherchant l’unisson


Tes blessures s’écroulant tout autour

Mes fêlures suivant ton parcours

Ton cœur se refermant

Mon amour s’éteignant


Pas de avant, pas de après

Le refuge de mes draps comme seul combat

Pas de avant, pas de après

La chaleur de nos bras comme seul constat


Sans larme, sans cri

Je ne t’aime pas, voilà, c’est dit

Aucun pleur, pas de sursis

Ne t’en fais pas, je survis


Et je respire à soubresaut

Pleurant sans larme dans mon reflet

Et je parle toujours plus haut

Ne calculant plus mon effet


Pas de avant, plus de après

Je ne t’aime pas comme seul regret

Blessures, fêlures, à l’infini

Du vide trop plein de nos dénis


La tempête

 
Je ne me souviens plus trop de la température qu’il faisait ce jour-là. C’était l’hiver, il devait faire quand même froid, j’imagine en tout cas. Je le sais que ce n’est pas vraiment important, mais j’aurais aimé ça m’en rappeler, question d’être sûre que ça a vraiment existé.  Je me souviens parfaitement de la chaleur du foyer par contre. Tu avais allumé le feu pour moi, pour que je n’aie pas froid, pour que je puisse me reposer de ma tempête de vie quelques heures, sur le divan, avec toi. Ce que je ne savais pas encore, c’est que ma plus grande tempête, ça allait être notre histoire, ça allait être toi.

Nos doigts avaient fini par se trouver dans le milieu du canapé, les yeux dans le vide, comme deux ados trop gênés pour faire les premiers pas, mais qui ont quand même envie de se toucher. Ta grande main qui me faisait tellement d’effet dans la mienne, je respirais d’une nouvelle façon, d’une façon qui nous appartenait, juste à nous. J’avais peur de ce qui s’en venait, si tu savais à quel point. Peur de ne pas savoir comment, quand et où. Peur de ne pas devoir ou de manquer mon saut dans le vide. Peur de toi et de l’effet que tu me faisais surtout. J’avais dans le cœur un trou immense, un vide qui s’était installé là, sans avertir, quelques mois auparavant, quelques années même, et il avait pris toute la place. Pis moi, comme une nouille, je te faisais entrer dans ce vide là. Je dis comme une nouille, mais je pourrais utiliser beaucoup d’autres mots. Avoir su ce qui se préparait entre nous, je me serais sauvée en courant, le manteau à moitié mis, les bottes pas attachées, dans une urgence digne d’un feu qui détruit tout. Mais le feu est né dans mon corps à la place et mon cœur, ma tête et mon ventre ont décidé d’un commun accord de brûler, de fondre, de se consumer avec toi, pour toi… Et je suis restée là. Je suis restée avec toi. Je suis restée là à parler, à écouter, à flatter, à respirer et à être bien. Je suis restée à penser que ça se pourrait peut-être, à espérer que ce soit toi. Je sais, je sais, je n’étais pas prête, pas du tout, à te faire une place dans ma vie, mais ça, moi je ne le savais pas encore. Toi tu le savais pas contre, mais tu ne voulais pas arrêter le moment, le bien, le doux, le bon. Et on est resté longtemps comme ça, dans une bulle, dans notre bulle qui commençait doucement à s’ancrer dans la réalité. 

Et là, après beaucoup trop de mots, on a fini par fusionner nos lèvres. On s’est embrassés longtemps, tendrement, passionnément, fougueusement, avidement. Pis on s’est regardé, embarrassés un brin, et on s’est serré longtemps, on se disant qu’on embrassait bien et qu’on était content d’être là. On s’est installé de nouveau devant le feu, avec la télé qui jouait en fond, et on a parlé. De rien, mais surtout de tout. De nos espoirs, de nos rêves lointains qui ne se réaliseraient jamais, de ce qu’on voulait, de ce qu’on ne voulait surtout plus, de ma tempête, de la tienne… Et la soirée s’est terminée, non sans quelques échanges moins verbaux et plus charnels, mais on s’était promis d’être sage, de ne pas aller trop vite, trop loin… je suis partie, mon grand vide un peu moins vide, un peu moins noir, un peu moins épeurant. Encore une fois… avoir su…

Je t’ai revu quelques jours plus tard, entre deux courses folles de nos vies. Tu ne voulais plus, tu ne pouvais pas. Tu m’as dit ça bêtement, rapidement, trop sèchement pour mon petit cœur déjà écorché. Tu avais pris du recul, un pas en arrière, ou plusieurs, selon mon point de vue, et tu n’y arrivais pas. Trop de houle, trop de vagues, pas assez de calme, trop d’années nous séparant, trop de différences dans nos cheveux blancs.

 Et c’est là que la douleur s’est installée, une douleur sourde, lancinante, comme celle qu’on ressent quand on tombe de haut dans un grand trou vide. On le sait qu’on n’a rien de cassé, mais on a  l’impression que notre corps est en mille miettes. Mais dans mon cas, c’était mon cœur qui venait d’éclater. Il n’était déjà pas très solide, on s’entend, mais encore une fois, à ma défense, je ne le savais pas. J’avais l’impression d’être guérie de mon grand mal. Guérie d’un amour qui avait été fabuleux et si désastreux à la fois. Guérie de ma famille éclatée en deux morceaux ben francs. Guérie de mes paroles de cœur qui ne rejoignaient jamais mes paroles de tête. Pis toi, tu le savais tout ça, tu les voyais venir les nuits à pleurer mes enfants, à serrer mon oreiller contre moi pour me sentir moins seule. Tu les anticipais les chicanes et les pas d’accord, les pas à mon goût et les cris de rage de ne pas être entendue. Tu les voyais venir toutes les étapes que j’allais traverser. Normal, tu étais passé par là et tu n’étais pas encore remis toi-même… mais ça non plus je ne le savais pas. 

Et tu as continué à être là, tout le temps, à porter de main. À porter de tes mains, mais surtout de ton ego, de ton plaisir, de ta volonté, de ton temps. Une relation pas trop saine s’est installée. Mille fois on a remis les choses au clair, mille fois on a recommencé à être flous, mille fois j’ai souffert, mille fois tu ne l’as pas vu. 

Et au travers du désir et de l’amour, de l’attente et de la colère, des déceptions et de la peine, des rires et des folies, des rapprochements et des éloignements, est né une relation, notre relation. Un bulle étanche aux autres, un espace n’existant que pour et par nous. Je t’ai laissé percer ma carapace, j’ai fracassé la tienne à coup de mots et de regards perçants. Tu ne voulais pas vivre sans moi, mais tu ne pouvais pas vivre avec moi. La vieillesse te guette, la mienne traîne de la patte, sur papier je comprends, dans mon cœur ça ne fait pas de sens. À quel point on peut nier que tout est là, que tout existe, que tout est vrai. Des fois j’ai l’impression qu’il y a juste toi qui ne voit pas, qui se ferme les yeux, et je ne comprends pas. 

Il faut que je m’y fasse, je ne vis pas dans un film de Noël quétaine où le gars se rend compte à la fin que la femme de sa vie était là tout ce temps. Mon petit cœur de licorne a encore envie de croire à la magie et à l’amour, à la fin heureuse et aux papillons à l’infini. Je le sais au fond que ce n’est pas souvent ce qui arrive, mais au final, ça dérange qui que moi j’y crois encore? C’est juste que je dois arrêter de penser que ça pourrait être toi cet homme là, parce que jamais tes sentiments vont parler assez fort pour enterrer ce que ta tête te crie. 



Comme vous voudrez

 

Trois petits mots

Trois poignards

Trois secondes


Un long malaise qui s’éternise

Un moi aussi timide

Un nœud dans le cœur


Des yeux qui fuient

Des mains qui cherchent

Des rires nerveux


Mon amour explosé

Ton amour pas assumé

Notre amour compliqué


Fantôme

Il n’y a plus de service au numéro que vous avez composé. 

L’abonné que vous tentez de joindre n’est plus disponible.

Un bip sonore infini.

Un écho qui ne revient pas.

Pas de vu.

Aucun like.

Bruit de criquets.

Cri cric, cri cric


Le cœur qui fend un peu.

L’impression d’être rien.

De ne pas valoir un bye.

De ne pas mériter un “c’est pas toi c’est moi”.

Malgré qu’il n’y avait rien.

Rien à part du tout nu.

Pis quelques fous rires.

Pis de la confiance pas vraie.

Pis des mots de trop.

Pis un petit arrière-goût de honte.

Juste un petit.

Si je pouvais tout te dire

  Si je pouvais tout te dire…   Je te dirais que je t’aime. Je t’aime quand tu ris avec moi de choses que nous seuls comprenons. Je t’aime q...