Je veux la vraie affaire. Les papillons du début, quand tout est à construire. Les doutes des premiers jours, quand l’amour n’est qu’un léger frisson. L’attente des premiers messages, des premiers rendez-vous, du premier baiser, des premières caresses. La passion des nuits trop courtes et des journées trop longues. La peur de se perdre parce qu’on est trop ou pas assez. L’excitation des premiers je t’aime, lancés timidement, mais retenus trop longtemps. La beauté des caresses infinies du matin, des cafés étirés, des couvertures froissés, des cheveux emmêlés, des doigts entrelacés. La chaleur des nuits sans sommeil, le cœur léger, les paupières lourdes, le corps plein de plaisir et d’impatience. Les sourires fendus de bonheur, les joues rougies de compliments, les yeux garnis de soleil. Les rires à l’infini, parce que tout est beau, parce que tout est facile, juste parce que. L’intimité qui s’installe à grand coup de repas, de sommeil, de ménage, de quotidien. La volonté d’être à deux, peu importe la date et l’heure, peu importe les on doit ou on ne doit pas.
Je veux la vraie affaire. Celle qui déplace des montagnes, qui ouvre des sentiers inconnus, qui vole vers la fin de l’univers. Celle qui se fout bien du passé, du futur et de tout le reste, qui n’existe que dans l’ici et maintenant, qui n’existe que pour le présent. Celle pour qui l’âge, l’argent, la famille, le travail, le poids ou la grandeur n’a aucune importance parce que les cœurs se voient, se trouvent dans le fouillis de deux vies. Celle qui attend la vraie vie de pied ferme, les poings serrés, prête à tout pour protéger une bulle trop petite, trop fragile. Celle qui se bat pour ce qui est, jusqu’au bout, jusqu’à la fin de tout, parce que c’est là, parce que c’est beau et parce que ça se peut.
Je veux la vraie affaire. Parce que mon cœur est plein de beau, de doux, de vrai. Parce que ce que j’ai à offrir, à partager, c’est du solide je pense. Parce que j’ai fait de la place dans mes yeux, sur ma peau, dans mon cœur, dans mes nuits. Parce que mes pieds sont solides, ancrés. Parce que ma vie est belle, parce que mon cœur est prêt.
Je veux la vraie affaire. Malgré la douleur que je devine au bout du chemin. Malgré la chute qui arrive toujours par trouver sa route. Malgré les combats perdus d’avance. Malgré les larmes de doutes, de peurs, de peines. Malgré la fin qui ne finit jamais bien peu importe ce qu’on en dit. Malgré tous les malgré.
Je veux la vraie affaire.
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